Transition politique : Mgr Pierre André Dumas engagé dans une médiation sur l’après-CPT
l’approche de l’échéance du 7 février 2026, aucune feuille de route claire ne se dessine pour l’après-Conseil présidentiel de transition (CPT). Redoutant un vide institutionnel et une aggravation de la crise politique, l’Église catholique haïtienne s’est engagée dans une tentative de médiation nationale, confiée à l’évêque de l’Anse-à-Veau et de Miragoâne, Mgr Pierre André Dumas.
Sollicité par plusieurs coalitions issues des milieux politique, économique et de la société civile, le prélat tente de rapprocher des positions profondément divergentes afin d’identifier une issue consensuelle à la transition. Cette initiative intervient dans un contexte de fortes incertitudes, alors que le mandat du CPT arrive à son terme sans qu’un mécanisme clair de succession ne fasse consensus.
Dans le cadre de cette démarche, plusieurs acteurs politiques ont été approchés, dont le Dr Claude Joseph, coordonnateur du Comité de pilotage du Consensus politique, et Laurent Saint-Cyr, président du CPT. Une rencontre entre Mgr Dumas et Laurent Saint-Cyr est envisagée entre les 22 et 23 janvier, afin d’échanger sur la position officielle du Conseil présidentiel et les scénarios institutionnels possibles après la fin de son mandat.
Dans une correspondance adressée au président du CPT, l’évêque précise avoir accepté cette mission à la demande d’une quinzaine de coalitions. Plusieurs propositions seraient actuellement à l’étude, sans qu’aucun consensus clair n’ait encore émergé. La médiation s’inscrit dans le cadre de l’Accord du 4 avril 2024 et bénéficie de l’attention d’acteurs internationaux tels que la CARICOM, l’Organisation des États américains (OEA) et le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), disposés à accompagner le processus.
Cependant, le climat demeure marqué par de profondes divisions. Parmi les acteurs favorables au départ du CPT, certains prônent une cassation pure et simple de l’actuel dispositif, d’autres défendent un transfert du pouvoir à une nouvelle structure de gouvernance, tandis qu’un troisième courant plaide pour la désignation de nouvelles personnalités. Au sein même du CPT, plusieurs options sont évoquées, la plus sérieusement considérée étant le maintien de l’un de ses membres pour assurer la continuité de la transition.
À ces divergences politiques s’ajoutent des critiques ciblant la crédibilité de la médiation. Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, dans une interview accordée à Radio Métronome, a mis en doute l’impartialité de Mgr Dumas, estimant qu’il ne peut être « juge et partie ». Il invoque notamment les liens du Regroupement des Églises (REN), auquel l’évêque est associé, avec une structure représentée au CPT. Il rappelle également que Régine Abraham, issue de ce regroupement, est citée dans des dossiers de corruption, tout comme la ministre des Sports, également membre de cette structure, épinglée dans des rapports de l’ULCC.