La Banque de la République d’Haïti (BRH) fait état d’un ralentissement de l’inflation en juillet 2026. Selon sa note mensuelle sur l’évolution de l’Indice des prix à la consommation (IPC), l’inflation mensuelle est passée de 1 % en juin à 0,9 % en juillet, tandis que l’inflation annuelle a reculé de 18,9 % à 17,5 %. Cette évolution masque toutefois une forte pression sur les produits alimentaires, dont les prix ont augmenté de 1,9 % en un mois, contre 1,3 % en juin. La baisse de l’inflation globale s’explique principalement par la forte diminution de l’indice des prix du transport, qui a reculé de 9,2 %.
Le transport tire l’inflation globale vers le bas
Le principal facteur ayant contribué au ralentissement de l’inflation en juillet est donc le transport. D’après la BRH, la baisse des prix des produits pétroliers sur le marché national a entraîné une forte contraction de l’indice du transport. Celui-ci est passé d’une baisse de 0,4 % en juin à une baisse de 9,2 % en juillet.
Cette évolution a suffisamment pesé sur l’indice général pour compenser les hausses enregistrées dans plusieurs autres catégories de consommation.
Les prix alimentaires poursuivent leur hausse
La situation est tout autre pour l’alimentation. Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées représentent 48,50 % du panier de consommation utilisé pour calculer l’IPC.
En juillet, leurs prix ont augmenté de 1,9 % sur un mois et de 19 % sur un an. Selon la BRH, cette catégorie a représenté une contribution de 191,65 % à l’inflation mensuelle, tandis que le transport a exercé une contribution négative de -175,85 %.
Ces deux mouvements opposés expliquent en grande partie pourquoi l’inflation globale s’est finalement établie à 0,9 %.
Une baisse de l’inflation ne signifie pas une baisse des prix
Cette situation permet de distinguer deux réalités économiques souvent confondues. Une inflation qui ralentit ne signifie pas que les prix diminuent.
La BRH définit la désinflation comme un ralentissement de la progression des prix. En juillet, l’inflation mensuelle a donc diminué, mais le niveau général des prix a continué d’augmenter.
Pour les ménages, notamment ceux dont une part importante du budget est consacrée à l’alimentation, le ralentissement de l’inflation globale peut ainsi être peu perceptible dans les dépenses quotidiennes.
Sécurité et logistique pèsent sur l’approvisionnement
La BRH relie l’accélération des prix alimentaires à plusieurs contraintes qui affectent l’approvisionnement du marché national. Elle cite notamment les difficultés logistiques et sécuritaires qui entravent la circulation des biens et des personnes.
L’institution relève également la déconnexion des principales régions de production, notamment le Grand Sud et l’Artibonite, de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Ces contraintes interviennent alors que l’alimentation représente près de la moitié du panier de consommation des ménages.
La stabilité de la gourde limite les pressions extérieures
L’évolution du taux de change a, de son côté, contribué à limiter les pressions liées aux produits importés. La BRH indique que la relative stabilité de la gourde par rapport au dollar américain a permis de contenir les tensions d’origine externe susceptibles de se transmettre aux prix domestiques.
En juillet, l’inflation annuelle des produits locaux s’est toutefois établie à 18,3 %, contre 16,3 % pour les produits importés.
Une pression inflationniste qui reste élevée
Les indicateurs de la BRH montrent enfin que les pressions sur les prix restent importantes. L’inflation sous-jacente mensuelle a atteint 1,5 % en juillet, contre 0,9 % pour l’inflation globale. L’inflation des produits alimentaires incluse dans cette mesure est, elle aussi, passée de 1,3 % à 1,9 %.
Pour les trois mois suivants, la Direction Monnaie et Analyse Économique de la BRH prévoit une inflation mensuelle de 2,5 % en août, puis de 1,6 % en septembre et en octobre.
Ces projections restent notamment tributaires de l’évolution des prix alimentaires, des coûts de transport et des produits importés.
Ainsi, derrière le chiffre de 0,9 % affiché pour l’inflation mensuelle en juillet se cache une réalité plus contrastée : le rythme global de hausse des prix ralentit, mais le coût de l’alimentation continue, lui, de peser fortement sur le budget des ménages.



