Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a fixé au 7 septembre prochain la rentrée scolaire pour l’année académique 2026-2027. Si le calendrier officiel entend marquer un retour à la normale, la réalité demeure particulièrement difficile pour de nombreuses familles haïtiennes, confrontées à la hausse du coût de la vie et à la dégradation de leur situation économique.

À quelques semaines de la rentrée, les parents doivent faire face à une série de dépenses : frais de scolarité, uniformes, fournitures scolaires, manuels et transport. Dans un contexte marqué par l’inflation, l’insécurité et le ralentissement des activités économiques, ces charges représentent un lourd fardeau pour des ménages dont les revenus sont déjà fragilisés.

Sur les marchés de la capitale, certains vendeurs de fournitures scolaires constatent une faible affluence. Pour de nombreux parents, l’achat du matériel nécessaire à la rentrée doit désormais être planifié au gré des moyens disponibles, quitte à repousser certaines dépenses.

La situation est d’autant plus préoccupante pour les familles qui dépendent en partie des transferts d’argent de proches vivant à l’étranger. Depuis plusieurs années, ces transferts constituent une source essentielle de revenus pour de nombreux ménages haïtiens et contribuent notamment au financement de la scolarité des enfants.

Or, l’incertitude entourant le statut de protection temporaire (TPS) des Haïtiens aux États-Unis suscite de nouvelles inquiétudes. La perspective d’une perte du statut légal et des autorisations de travail pour certains bénéficiaires pourrait avoir des répercussions indirectes sur les familles restées en Haïti, notamment à travers une éventuelle baisse des transferts.

« Sans l’aide de ma sœur à Miami, je ne peux pas inscrire mes deux enfants cette année. Elle travaillait légalement, mais aujourd’hui, elle-même ne sait pas de quoi son lendemain sera fait », témoigne une mère de famille.

Pour les ménages qui comptent sur cette aide pour payer les frais scolaires, la rentrée représente donc une source supplémentaire d’angoisse. La situation met également en lumière la forte dépendance de certaines familles aux revenus provenant de la diaspora.

Le risque d’une déscolarisation accrue

Entre la hausse des dépenses liées à la rentrée et les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les familles, le risque de voir davantage d’enfants ne pas reprendre le chemin de l’école demeure une préoccupation.

Les appels en faveur de mesures d’accompagnement destinées aux familles les plus vulnérables se multiplient, alors que les autorités doivent composer avec un contexte économique et sécuritaire particulièrement difficile.

À l’approche du 7 septembre, la rentrée scolaire apparaît ainsi comme un nouveau défi pour des milliers de familles haïtiennes, prises entre la nécessité de maintenir leurs enfants à l’école et des ressources financières de plus en plus limitées.

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