Un vaste mouvement de transfert touche le commissariat de Delmas 33. Tous les policiers qui y étaient affectés auraient reçu l’ordre de rejoindre d’autres régions du pays, dans un contexte marqué par des soupçons liés à plusieurs cas de kidnapping. Cette décision, qui intervient alors que la commune connaît une situation sécuritaire particulièrement préoccupante, suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH).

L’information a été confirmée par Garry Jean-Baptiste, coordonnateur du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17). Selon le responsable syndical, l’ensemble des agents affectés au commissariat de Delmas 33 sont concernés par ces transferts vers différentes régions du territoire. Il affirme que cette mesure serait liée à des soupçons entourant des affaires d’enlèvement, sans toutefois que les responsabilités individuelles des policiers concernés aient été publiquement établies.

« Entre soupçon et complicité, personne ne sait où se situer dans ce dossier », a expliqué un policier sous couvert d’anonymat. Selon lui, la décision ne serait pas suffisamment réfléchie. Dans la commune de Delmas, notamment à Delmas 31 et Delmas 33, des cas d’enlèvement sont régulièrement rapportés. Toutefois, le policier estime que les agents affectés dans ces zones ne peuvent pas être systématiquement tenus pour responsables.

Il déplore ainsi ce qu’il considère comme des décisions prises « sous le coup de l’émotion » par le haut commandement de la PNH.

De son côté, Garry Jean-Baptiste critique ouvertement cette décision et appelle la hiérarchie policière à « rectifier le tir ». « La police n’est pas une boutique », a-t-il notamment déclaré, remettant en question la manière dont une décision de cette ampleur a été prise.

Pour le syndicaliste, un transfert collectif fondé sur de simples soupçons pourrait fragiliser davantage le fonctionnement des structures policières et porter atteinte à la confiance entre les agents et leur hiérarchie.

Cette mesure intervient alors que Delmas est confrontée à une recrudescence des actes de kidnapping. Les enlèvements continuent de susciter l’inquiétude parmi les habitants et renforcent le sentiment d’insécurité dans cette commune stratégique de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.

Le déplacement simultané des policiers affectés au commissariat de Delmas 33 intervient donc à un moment particulièrement sensible pour la sécurité publique.

Au-delà de la polémique syndicale, cette situation soulève plusieurs questions sur la stratégie adoptée par la PNH pour lutter contre les réseaux de kidnapping, ainsi que sur les mécanismes de contrôle interne au sein de l’institution. Les autorités policières sont désormais attendues sur les raisons précises de ces transferts, les éventuelles enquêtes en cours et les dispositions prises pour garantir la continuité des services de sécurité à Delmas.

Il convient également de souligner que, pendant la présence du directeur général de la Police nationale d’Haïti à Delmas 33, dans le cadre d’une opération de fouille, un inspecteur divisionnaire, Waldex Valcourt, membre de l’USGPN, a été enlevé le samedi 8 août devant son domicile.

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