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18 ans après les ouragans, Johnny Ferdinand questionne la gestion des fonds destinés au Parc Sténio Vincent aux Gonaïves
Dans une lettre ouverte poignante adressée au nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, Pythagore Dumas, l’ancien dirigeant sportif et journaliste Johnny Ferdinand dénonce l’état « lamentable » du Parc Sténio Vincent. Abandonnée depuis le passage des ouragans de 2008, cette infrastructure historique des Gonaïves survit aujourd’hui dans une précarité indigne, entre terrain de terre battue et absence totale de vestiaires, malgré des annonces de financement répétées sous plusieurs administrations.
Le Parc Sténio Vincent, antre emblématique du Racing FC (D1) et de l’Éclair AC (D2), n’est plus que l’ombre de lui-même. Réhabilité pour la dernière fois en 2005, le terrain a été dévasté par les ouragans Hanna et Ike en 2008. Depuis, le site semble avoir disparu des priorités de l’État, rejoignant la longue liste des infrastructures sportives abandonnées. Johnny Ferdinand qualifie la situation actuelle de « honteuse » et « humiliante » pour la Cité de l’Indépendance.
Le document retrace également un historique de projets avortés qui nourrit la frustration au sein de la communauté locale.
En 2012, sous la présidence de Michel Martelly, 12 millions de gourdes devaient être mobilisés pour la clôture du parc, la pelouse et la réhabilitation des tribunes.
En 2018, une nouvelle « première pierre » avait été posée par le ministre de l’époque pour des travaux comprenant des vestiaires et une tribune officielle. Aucun chantier concret n’a toutefois suivi cette annonce.
Face à cette succession de promesses sans lendemain, l’auteur s’interroge sur la destination des fonds réellement décaissés entre 2008 et 2026, ainsi que sur l’identité des firmes impliquées dans ces chantiers restés à l’état de projet.
Pendant ce temps, alors que le football national a repris ses droits, les rencontres officielles se disputent dans des conditions archaïques. Réduit à une surface poussiéreuse de terre battue, le terrain manque de tout : ni bancs de touche, ni toilettes, ni vestiaires. L’espace est si peu sécurisé que des animaux errants, tels que des chiens ou des cabris, s’invitent régulièrement au milieu des matchs. L’alternative espérée, le Parc Miguel Saint-Jean, à Morne Blanc, se trouve lui aussi dans un état critique, conséquence notamment d’un manque d’études techniques sérieuses lors de sa construction.
Dans sa lettre, Johnny Ferdinand exhorte le ministre Dumas à inscrire la réhabilitation du Parc Sténio Vincent parmi les priorités nationales du prochain budget rectificatif. Il rappelle que les Gonaïves constituent une véritable terre de football, berceau de clubs historiques et hôte du « Mundialito », un championnat de vacances vieux de plus de quarante ans. Pour la communauté sportive locale, il ne s’agit plus de multiplier les promesses, mais de rendre enfin à la ville une infrastructure à la hauteur de son histoire.