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République dominicaine : les Haïtiens en tête des régularisations en 2025
Malgré un discours officiel centré sur le durcissement des mesures migratoires et la multiplication des expulsions, les données officielles de la Direction générale de la migration (DGM) montrent une réalité plus contrastée en 2025. Les ressortissants haïtiens arrivent en effet en tête des étrangers ayant obtenu un statut de résidence légale, avec près de 30 % des régularisations accordées dans le pays, selon des chiffres relayés par Listín Diario.
Entre janvier et novembre 2025, la DGM a délivré 32 174 permis de résidence à des ressortissants étrangers issus de 125 nationalités différentes, d’après les statistiques disponibles. Parmi eux, les citoyens haïtiens se positionnent en première place, avec 9 184 résidences accordées, ce qui représente 28,5 % du total des régularisations.
Les chiffres montrent que l’année s’inscrit dans une dynamique plus stable que celle de 2024, jugée marquée par des pics inhabituels de demandes de régularisation. En moyenne, environ 2 900 résidences ont été octroyées par mois en 2025, avec une predominance nette des permis temporaires, qui constituent 80 % des documents délivrés (soit 25 701 permis).
Les résidences permanentes représentent 18 % des cas (5 745), tandis que seulement 2 % des bénéficiaires (728 personnes) ont obtenu un statut de résidence définitive, réservé aux étrangers justifiant d’un long parcours migratoire régulier.
Derrière Haïti, le Venezuela occupe la deuxième place avec 4 679 résidences accordées, confirmant la continuité de la migration vénézuélienne à la suite du plan de normalisation mis en œuvre ces dernières années. Suivent ensuite la Chine (2 750), la Colombie (1 948), les États-Unis (1 913), Cuba (1 716) et l’Espagne (1 571) parmi les nationalités les plus représentées dans les régularisations.
Les données historiques de la DGM, couvrant la période 2018-2025, montrent que 2018 reste la seule année où Haïti n’occupait pas la première place, dépassée alors par le Venezuela. En 2025, la diversité migratoire s’est également accentuée, avec des demandes émanant de pays éloignés tels que Sierra Leone, Madagascar, le Myanmar ou le Timor oriental, ainsi que de catégories administratives atypiques comme « Union européenne » ou « Nations unies ».
Conformément à la loi générale sur la migration (285-04) et à son règlement d’application, le système migratoire dominicain repose sur trois statuts principaux : la résidence temporaire, la résidence permanente et la résidence définitive. La forte proportion de permis temporaires reflète le profil majoritaire des bénéficiaires : travailleurs contractuels, étudiants, missionnaires et nouveaux arrivants en quête de stabilité juridique.