Diffamation et sanctions : Laurent Lamothe passe à l’offensive judiciaire
L’ancien Premier ministre haïtien Laurent Lamothe annonce le lancement effectif de poursuites judiciaires pour diffamation, après avoir mandaté plusieurs cabinets d’avocats. Il dit vouloir mettre un terme à ce qu’il qualifie de campagnes mensongères et politiquement motivées, tout en réaffirmant sa détermination à laver son image, ternie selon lui par des sanctions internationales contestées.
L’ancien chef du gouvernement a franchi une nouvelle étape dans sa riposte contre ce qu’il décrit comme des campagnes diffamatoires persistantes à son encontre. Dans un message publié sur son compte X (ex-Twitter), Laurent Lamothe indique que ses avocats ont engagé des « actions formelles » contre un premier individu résidant à New York, présenté comme l’un des auteurs de fausses informations visant à le discréditer.
Cette annonce fait suite à une déclaration antérieure rendue publique plus tôt dans la semaine, dans laquelle il affirmait avoir mandaté des cabinets d’avocats afin d’engager des procédures judiciaires appropriées. Il dénonçait alors des attaques répétées, fondées selon lui sur « de fausses informations et de faux scandales », qu’il attribue à des groupes d’intérêt liés à certains oligarques haïtiens, et récemment relayées sur les réseaux sociaux par un cercle restreint de détracteurs.
Dans sa publication la plus récente, Laurent Lamothe précise que cette action judiciaire n’est que la première d’une série ciblée. Il soutient que « l’invention et la fabrication délibérées de fausses informations » ne relèvent pas de la liberté d’opinion et exposent leurs auteurs à des poursuites dans plusieurs juridictions, notamment à New York, Miami et Paris.
Par ailleurs, l’ancien Premier ministre continue de contester les sanctions imposées à son encontre par le Canada et les États-Unis. Ottawa l’a sanctionné en 2022 dans le cadre de mesures visant certaines personnalités haïtiennes, tandis que Washington l’a déclaré inéligible à l’entrée sur son territoire. Laurent Lamothe affirme que ces décisions reposent sur des accusations non étayées, qu’il assimile à des rumeurs ou à des manœuvres politiciennes. Il dit avoir entrepris des démarches judiciaires afin d’exiger la production de preuves, sans obtenir de réponse à ce jour.
Ces nouvelles déclarations s’inscrivent dans la continuité de la stratégie de communication et de défense judiciaire adoptée par Laurent Lamothe depuis l’annonce des sanctions internationales. En passant de l’intention à l’action en justice, l’ancien chef du gouvernement semble vouloir déplacer le débat du terrain médiatique vers le terrain judiciaire, dans une tentative de reprise de l’initiative. Une démarche qui vise à la fois à dissuader ses détracteurs et à appuyer son discours de victime de campagnes orchestrées, dans une lutte assumée pour la réhabilitation de son image sur la scène nationale et internationale.