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Les États-Unis adoptent une loi pour sanctionner les élites haïtiennes accusées de liens avec les gangs
Le Congrès américain a adopté, le 17 décembre 2025, le Haiti Criminal Collusion Transparency Act, une nouvelle disposition intégrée au National Defense Authorization Act (NDAA) 2026, marquant un tournant important dans la politique des États-Unis à l’égard d’Haïti. Selon The Haitian Times, cette législation vise directement les élites politiques et économiques haïtiennes soupçonnées de collusion avec des gangs armés, dans un contexte de violence et d’effondrement institutionnel prolongé.
La loi oblige l’administration américaine à enquêter, identifier et sanctionner les individus impliqués dans le financement ou le soutien de groupes criminels. D’après The Haitian Times, le Département d’État devra soumettre au Congrès, dans un délai de 180 jours après l’entrée en vigueur de la loi, un rapport détaillé identifiant les principaux gangs, leurs chefs, leurs zones d’opération ainsi que leurs liens directs avec des acteurs influents du pays.
Sur la base de ce rapport, des sanctions ciblées devront être imposées dans les 90 jours, incluant le gel des avoirs détenus aux États-Unis et la révocation ou l’interdiction de visas. Ces mesures visent à priver les personnes mises en cause de l’accès aux systèmes financiers et migratoires américains, longtemps utilisés comme refuges par certains membres de l’élite haïtienne, souligne le média.
Le texte prévoit également la publication d’un rapport annuel exposant les relations entre gangs, élites locales et réseaux criminels transnationaux, ainsi que l’impact de cette collusion sur la population haïtienne et sur la sécurité nationale des États-Unis.
Toujours selon The Haitian Times, l’adoption de cette loi intervient alors que les autorités américaines ont récemment intensifié leurs actions contre plusieurs figures influentes, dont les hommes d’affaires Dimitri Vorbe et Réginald Boulos, arrêtés aux États-Unis dans des affaires liées au financement de gangs, à la corruption et à des irrégularités migratoires.
Si plusieurs organisations de défense des droits humains saluent une avancée significative contre l’impunité, des observateurs haïtiens rappellent que ces mesures resteront insuffisantes sans poursuites judiciaires effectives en Haïti. La loi prévoit néanmoins la poursuite de l’aide humanitaire et inclut une clause d’expiration de cinq ans.
Enfin, des groupes de plaidoyer estiment que cette législation renforce les arguments en faveur du maintien du Temporary Protected Status (TPS) pour les Haïtiens vivant aux États-Unis, alors que la crise sécuritaire continue de s’aggraver.