De retour en Haïti ce 24 avril, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a dressé un bilan offensif de sa mission à Washington. Sécurité, déploiement effectif de la force internationale, création rapide d’emplois, investissements structurants et statut des Haïtiens aux États-Unis : le chef du gouvernement affirme avoir posé des exigences claires à ses partenaires, rejetant toute idée d’une « MMAS 2.0 » et appelant au respect des engagements pris envers Haïti.
Lors d’un point de presse tenu à l’aéroport international Toussaint Louverture, le Premier ministre a insisté sur une priorité absolue : le rétablissement de la sécurité nationale. Devant plusieurs interlocuteurs américains, dont le sénateur Marco Rubio, il a plaidé pour un appui concret et immédiat à la Force de répression des gangs (FRG), exigeant que les promesses de déploiement et d’équipement soient honorées sans délai. « 5 500 hommes ont été annoncés : ils doivent être déployés », a-t-il martelé, rejetant toute approche jugée inefficace ou symbolique.
Sur le plan économique, les échanges avec la Banque mondiale, dirigée par Ajay Banga, ainsi qu’avec la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Fonds monétaire international (FMI), ont porté sur la création d’emplois à court terme. Le Premier ministre a défendu une transition vers un modèle fondé sur l’investissement productif, notamment dans l’énergie solaire, le numérique et la fibre optique, à travers des projets structurants capables de générer des opportunités pour la jeunesse.
Sur le front diplomatique, le gouvernement haïtien a porté son message devant le Conseil de sécurité des Nations unies et lors d’un entretien direct avec le secrétaire général António Guterres. Le message est resté constant : sans sécurité, il ne peut y avoir ni élections crédibles ni développement durable. Une coordination internationale renforcée a également été évoquée avec l’Organisation des États américains (OEA).
Autre dossier sensible abordé : le Temporary Protected Status (TPS). Lors de rencontres avec plusieurs parlementaires américains, dont le chef de la majorité au Sénat Chuck Schumer, la délégation haïtienne a plaidé pour le maintien et le renforcement de ce statut pour les ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis.
Enfin, face à la diaspora haïtienne, le Premier ministre a encouragé un passage d’une logique de transferts à une dynamique d’investissement, soulignant que les milliards envoyés chaque année doivent désormais contribuer à créer de la richesse et de l’emploi en Haïti.
Avec une ligne ferme et un discours centré sur les résultats, Alix Didier Fils-Aimé affirme vouloir repositionner Haïti sur la scène internationale : plus qu’une aide ponctuelle, le pays réclame des actions concrètes, immédiates et durables.