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L’Hôpital Albert Schweitzer (HAS), situé à Deschapelles dans le département de l’Artibonite, se retrouve aujourd’hui dans le viseur de groupes armés. Ces derniers ont intensifié leurs attaques dans plusieurs localités avoisinantes, faisant planer une menace directe sur cet important établissement de santé.
Des individus lourdement armés, identifiés comme des membres du groupe dirigé par Luckson Élan, chef du gang « Gran Grif », multiplient les incursions dans les zones de Ti Roche, Makay, Bwa Bélange, Chandelle, ainsi que dans d’autres localités limitrophes. Selon plusieurs sources, leur objectif serait de prendre le contrôle de Deschapelles, où se trouve l’un des principaux centres hospitaliers du Bas-Artibonite.
Face à cette escalade de violence, la population, gagnée par la peur, lance un cri d’alarme pour protéger ce pilier du système sanitaire départemental.
« Nous sommes extrêmement inquiets pour la sécurité de l’Hôpital Albert Schweitzer. Le gang Gran Grif a diffusé des messages vocaux menaçant de prendre le contrôle de Deschapelles et d’incendier l’établissement », confie un journaliste local sous couvert d’anonymat. Selon ses informations, un individu connu sous le nom de « Kenken Cha de Pye », ancien membre d’une brigade d’autodéfense ayant rejoint les rangs du gang, jouerait un rôle actif dans cette offensive.
Malgré le déploiement de quelques agents d’unités spécialisées, notamment du SWAT, l’inquiétude reste vive. Les effectifs policiers sont jugés largement insuffisants face à la puissance de feu des assaillants. Les habitants réclament ainsi un renforcement immédiat des moyens de la Police nationale d’Haïti (PNH), incluant un appui aérien pour mener des opérations ciblées contre les groupes armés.
Fondé en 1956 par Larry Mellon et Gwen Grant-Mellon, l’Hôpital Albert Schweitzer dessert les communes de Verrettes, Liancourt, Pont-Sondé et Désarmes. Avec plus de 285 000 patients pris en charge chaque année, il constitue un maillon essentiel du système de santé dans la région.
« Tout dysfonctionnement de ce centre provoquerait une catastrophe humanitaire et sanitaire majeure », alertent des habitants, dénonçant l’impuissance des autorités face à la dégradation de la situation sécuritaire.