À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, le gouvernement haïtien prévoit une subvention de 15 000 gourdes pour 140 000 parents d’élèves. Annoncée dans le cadre du programme « Cash Transfert-Éducation », cette aide est destinée aux parents dont les enfants fréquentent des écoles nationales, communautaires, communales et presbytérales situées dans des zones défavorisées. L’opération est dotée d’une enveloppe globale de 2,5 milliards de gourdes et sera mise en œuvre par le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), en collaboration avec le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Mais comment le ministère détermine-t-il quels parents doivent bénéficier de cette aide ?
Le SIGE au cœur du processus
Selon les informations communiquées par le MENFP, les listes des bénéficiaires sont générées à partir du Système d’information et de gestion de l’éducation (SIGE). Le FAES doit ensuite utiliser ces listes pour procéder aux transferts. Le ministère affirme ainsi s’appuyer sur les données déjà enregistrées dans son système éducatif plutôt que sur une sélection manuelle des bénéficiaires.
Le SIGE centralise les informations relatives au système éducatif haïtien. Son sous-système consacré aux écoles, aux élèves et aux enseignants permet notamment de disposer de données sur les établissements scolaires et les élèves inscrits.
Dans le cadre de cette opération, les données du système servent donc de base à l’établissement des listes de parents concernés. Le dispositif cible en priorité les élèves inscrits dans les catégories d’établissements retenues par le gouvernement et situées dans des zones considérées comme défavorisées.
140 000 bénéficiaires pour une enveloppe de 2,5 milliards
Le programme prévoit 15 000 gourdes pour chacun des 140 000 parents ciblés. À raison de 140 000 bénéficiaires, les allocations individuelles représentent mathématiquement 2,1 milliards de gourdes.
Le gouvernement annonce toutefois une enveloppe globale de 2,5 milliards de gourdes pour l’opération. La différence de 400 millions de gourdes n’est pas détaillée dans les informations actuellement disponibles comme étant destinée directement aux allocations individuelles. Il convient donc de distinguer le montant total annoncé pour le programme du montant correspondant aux 140 000 transferts de 15 000 gourdes.
Des listes générées à partir des données du MENFP
Le choix du SIGE permet au MENFP de s’appuyer sur une base de données existante pour établir les listes de bénéficiaires. Cette méthode vise notamment à assurer une meilleure traçabilité du processus et à limiter les interventions parallèles dans la sélection.
Le véritable enjeu sera désormais de s’assurer que les données utilisées sont à jour et suffisamment fiables pour permettre aux parents effectivement ciblés de recevoir leur allocation.
Pour les familles concernées, la question demeure donc celle de l’effectivité du dispositif : être enregistré dans le système éducatif constitue la base du processus, mais le versement dépendra de la présence du parent sur les listes générées et transmises au FAES pour l’exécution des paiements.



