Un vent de soulagement prudent souffle sur Mirebalais. Après plusieurs mois marqués par une insécurité persistante et des affrontements armés, des initiatives locales de médiation semblent produire leurs premiers effets, laissant entrevoir une possible accalmie dans le Bas-Plateau central.
Selon des sources locales, une remise d’armes a eu lieu ce dimanche 26 juillet, marquant la dissolution du groupe d’autodéfense « Back-Up Feray ». Cette structure avait été mise en place, avec le soutien de la municipalité, pour faire face aux attaques attribuées à des hommes armés affiliés au gang de Canaan, dirigé par le chef de bande connu sous le nom de « Jeff Gwo Lwa ».
Toujours selon ces sources, cette remise d’armes intervient à la suite des démarches entreprises par une commission pour la paix créée afin de favoriser une désescalade de la crise. L’agent exécutif intérimaire de la commune, Lochard Laguerre, s’était engagé à retirer tout soutien au groupe d’autodéfense dès que la commission en ferait la demande. Cet engagement aurait été respecté, ouvrant la voie à une sortie progressive de la confrontation armée.
Par ailleurs, plusieurs individus présentés comme des membres du groupe auraient été aperçus quittant la ville à bord de différents véhicules, toujours selon des témoignages recueillis sur place.
Pour les milliers d’habitants contraints de fuir les violences et d’abandonner leurs maisons, ces développements représentent une lueur d’espoir. Toutefois, la prudence demeure de mise.
Une partie de la population attend désormais un geste du chef du gang de Canaan. Plusieurs citoyens réclament la diffusion d’une vidéo dans laquelle « Jeff Gwo Lwa » confirmerait le retrait définitif des membres du gang « Taliban » de la zone et inviterait publiquement les habitants à regagner leurs domiciles en toute sécurité.
Si ces initiatives locales de médiation semblent favoriser une accalmie sur le terrain, elles relancent également le débat sur la stratégie nationale à adopter face à la prolifération des groupes armés en Haïti.
Pour certains observateurs, ce type de négociation pourrait constituer une approche pragmatique permettant d’obtenir rapidement une réduction des violences et de faciliter le retour des personnes déplacées. D’autres, en revanche, mettent en garde contre le risque de légitimer des groupes armés ou de créer des accords fragiles, susceptibles d’être remis en cause à tout moment.
Pour ces derniers, seul un rétablissement durable de l’autorité de l’État, à travers le renforcement des institutions publiques et des forces de sécurité, permettra de garantir une paix durable et une sécurité effective, sans dépendre d’accords conclus avec des groupes armés.



