Alors que la mairie de Kenscoff fait état d’un bilan provisoire de plus de 61 morts, dont 14 enfants, à la suite du massacre perpétré la semaine dernière dans la localité de Robin par des gangs armés, les déclarations de la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, ce lundi 20 juillet, affirmant une amélioration de la situation sécuritaire en Haïti, suscitent de nombreuses réactions. Plusieurs observateurs estiment que ce discours contraste avec une réalité marquée par les massacres, les enlèvements, le contrôle de certaines routes nationales par des groupes armés et une crise humanitaire persistante.

Quelques jours après le massacre de Robin, dans la commune de Kenscoff, la cheffe de la diplomatie haïtienne a déclaré devant le Conseil de sécurité de l’ONU que des progrès significatifs avaient été enregistrés en matière de sécurité.

Ces déclarations interviennent alors que les conséquences de l’attaque de Robin continuent de bouleverser les habitants de la commune. Des familles ont été endeuillées, des habitations incendiées et de nombreux résidents ont été contraints de fuir leurs localités face à l’avancée des groupes armés.

Sur le terrain, plusieurs axes routiers nationaux demeurent sous l’influence de gangs lourdement armés, qui imposent des péages illégaux et entravent la circulation des personnes ainsi que le transport des marchandises.

Dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, l’État peine toujours à rétablir son autorité. Cette situation alimente un sentiment d’insécurité grandissant au sein de la population, alors que de vastes portions du territoire restent sous le contrôle de groupes armés.

Au-delà des défis sécuritaires, le pays fait également face à une grave crise humanitaire. Des milliers de familles sont confrontées à l’insécurité alimentaire, l’accès aux soins de santé demeure limité dans plusieurs régions et les activités économiques continuent d’être fortement perturbées. Par ailleurs, le chef de cabinet du ministre de la Défense est toujours retenu en otage, illustrant les difficultés persistantes des autorités à endiguer les enlèvements.

Dans ce contexte, les propos de Raina Forbin sont diversement appréciés. Plusieurs acteurs de la société estiment que l’évaluation présentée devant la communauté internationale ne reflète pas pleinement la situation observée sur le terrain, tandis que d’autres y voient la volonté des autorités de mettre en avant les efforts engagés pour rétablir la sécurité.

Le contraste entre le discours officiel et les conditions de vie de nombreux Haïtiens continue ainsi d’alimenter le débat. Pour une partie de la population, l’urgence reste la mise en œuvre de résultats tangibles permettant de restaurer la sécurité, de protéger les citoyens et de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

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