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La Force de répression des gangs dans l’impasse : seulement 910 soldats recrutés, selon Michel Soukar
Le processus de recrutement des soldats appelés à constituer la Force de répression des gangs (FRG), destinée à être déployée en Haïti, se heurte à de sérieuses difficultés. À moins de deux semaines de son déploiement officiel, à peine 12 % des effectifs prévus ont pu être mobilisés, a révélé le professeur Michel Soukar.
Intervenant ce mercredi 18 mars sur Radio Métropole, l’historien a indiqué que seulement 910 soldats ont été enregistrés à ce jour, soit entre 12 et 13 % de l’effectif total attendu, à l’approche du 1er avril, date annoncée pour le déploiement officiel de la force. Celle-ci a pour mission, selon ses promoteurs, de neutraliser les gangs armés qui terrorisent plusieurs régions du pays depuis des années.
Les contingents déjà mobilisés proviennent de plusieurs pays, dont la Côte d’Ivoire, la Mongolie, le Guatemala, le Salvador et le Tchad. Selon Michel Soukar, la FRG serait placée sous le commandement d’un général mongol dont l’identité n’a pas été divulguée. Il a également précisé que les soldats kényans ne feraient finalement pas partie de cette mission.
L’historien a par ailleurs attiré l’attention sur le contexte géopolitique international, susceptible d’impacter cette opération. « La guerre contre la République islamique aura de graves conséquences sur l’opération de la FRG. Les États-Unis, qui avaient sous-estimé leur adversaire iranien, semblent reléguer au second plan la situation haïtienne. Plusieurs autres pays sont également absorbés par cette escalade au Moyen-Orient », a-t-il averti.
Face à cette situation, Michel Soukar a lancé un appel à la responsabilité nationale : « Il est temps que cela cesse. Les Haïtiens doivent assumer leurs responsabilités et prendre en main l’avenir du pays », a-t-il insisté.
Pour rappel, le 30 septembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, par 12 voix pour et 3 abstentions, la résolution 2793, transformant la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) en Force de répression des gangs.
À terme, environ 7 500 soldats issus de pays partenaires et voisins d’Haïti sont attendus pour appuyer la Police nationale d’Haïti dans la lutte contre les groupes armés. La FRG devrait être équipée de moyens logistiques conséquents, notamment des véhicules et des hélicoptères, afin de neutraliser les foyers de violence et de rétablir un climat sécuritaire propice à l’organisation d’élections générales.