Crise haitiano-dominicaine : une mission de l’OEA arrive en République dominicaine
Lavalas prêt à reprendre le pouvoir après le 7 février ? Les révélations de Sauveur Pierre Étienne
Invité de la matinale Panel Magik sur Radio Magik9, ce jeudi 15 janvier, le politologue et dirigeant politique Sauveur Pierre Étienne a livré une analyse sévère de la crise politique haïtienne. Il estime que le Conseil présidentiel de transition (CPT) est structurellement voué à l’échec et soutient que le parti Lavalas, avec l’appui de certains acteurs clés, se préparerait à reprendre le pouvoir après le 7 février 2026, sans passer par des élections.
Au micro de Magik9, Sauveur Pierre Étienne a d’abord dressé un constat sans concession du système politique haïtien. Selon lui, les élections, en Haïti, ne servent pas à renouveler le personnel politique, mais constituent avant tout « une bataille pour le pouvoir ». Celui qui accède aux commandes chercherait systématiquement à les confisquer, tandis que l’opposition tenterait de les reprendre par tous les moyens, transformant ainsi la politique en une véritable « mangeoire ».
Pour l’ancien coordonnateur de l’Organisation du peuple en lutte (OPL), la crise actuelle s’inscrit dans une stratégie visant à se maintenir au pouvoir sans organiser d’élections. Il avertit que l’échéance du 7 février 2026 constitue un tournant décisif : si la population ne réagit pas, estime-t-il, le processus sera définitivement verrouillé. Dans ce rapport de forces, Sauveur Pierre Étienne identifie deux acteurs majeurs disposant d’un réel pouvoir d’influence : Washington et le peuple haïtien. Il tourne également en dérision les rencontres entre partis politiques organisées dans les hôtels de Port-au-Prince, qu’il qualifie de simples mises en scène sans impact réel.
Le politologue voit dans les incertitudes entourant l’après-7 février la conséquence directe de ce qu’il appelle la « malformation congénitale » du Conseil présidentiel de transition. Il s’interroge sur la cohérence d’une structure à laquelle il a été demandé de mettre en place un organe de contrôle, alors même que ses membres auraient, selon lui, leurs propres agendas. Il doute qu’un tel organe puisse réellement surveiller la gestion des fonds, notamment ceux alloués au renseignement, ou remettre en cause des privilèges qu’il juge excessifs.
À la tête du Mouvement haïtien de sauvetage national (MOHSANA), Sauveur Pierre Étienne affirme que la classe politique et économique chercherait à s’imposer pour un nouveau cycle de cinq ans sans passer par les urnes. Pour rompre avec la succession de transitions infructueuses, il préconise la mise en place d’une administration technocratique capable de rétablir un minimum de gouvernance et de crédibilité institutionnelle.
Dans ses déclarations les plus sensibles, Sauveur Pierre Étienne soutient que Leslie Voltaire et le parti Lavalas se prépareraient à prendre le pouvoir après le 7 février 2026. Il évoque l’existence d’un plan de prise de contrôle politique déjà élaboré. Il va plus loin en affirmant que l’ancien coordonnateur du CPT aurait « livré » la ville de Mirebalais, contestant la version officielle faisant état d’affrontements dans cette zone.
En conclusion, le politologue se montre catégorique : le Conseil présidentiel de transition, selon lui, ne pouvait pas réussir. Il en a exposé les raisons sur les ondes de Magik9, estimant que les contradictions internes, l’absence de légitimité populaire et les intérêts divergents de ses membres condamnaient le CPT dès sa mise en place.