Affaire du « Cartel des Soleils » : Washington change de discours, Maduro reste dans le viseur
Dans une version modifiée de l’acte d’accusation, le Département de la Justice des États-Unis a supprimé les références présentant Nicolás Maduro comme le chef du « Cartel des Soleils ». Ce dernier n’est désormais plus décrit comme une organisation criminelle structurée, mais comme un système de corruption et de clientélisme enraciné au sommet de l’État vénézuélien.
Si les poursuites pour trafic de drogue et narcoterrorisme sont maintenues, ce changement de ton marque une inflexion notable de la stratégie judiciaire américaine, révélée par le quotidien péruvien El Comercio. De son côté, le journal chilien La Tercera souligne que Washington nie désormais l’existence du cartel en tant que groupe réel, prenant ainsi ses distances avec la rhétorique défendue sous Donald Trump.
Un acte d’accusation allégé sur le « cartel »
Selon El Comercio, la version révisée de l’acte d’accusation, rendue publique après la capture de Nicolás Maduro et son transfert devant un tribunal fédéral à New York, élimine l’essentiel des mentions du Cartel des Soleils. Le texte ne le présente plus comme une organisation criminelle hiérarchisée, mais comme une culture de corruption et de clientélisme impliquant de hauts responsables de l’appareil d’État vénézuélien.
Accusations maintenues contre Maduro
Malgré ce recentrage, la justice américaine maintient les charges visant Nicolás Maduro pour trafic de stupéfiants, narcoterrorisme et détention illégale d’armes. L’accusation soutient que des élites vénézuéliennes se seraient enrichies grâce au narcotrafic tout en protégeant leurs partenaires criminels. Maduro a plaidé non coupable, se déclarant « prisonnier de guerre », rapporte El Comercio.
Une rupture avec la ligne Trump
Cette évolution tranche avec les déclarations antérieures de Donald Trump, qui justifiait l’offensive américaine par la nécessité de démanteler le Cartel des Soleils. Or, comme le relève La Tercera, le Département de la Justice s’éloigne désormais de cette thèse, estimant que le cartel ne constitue pas un groupe réel au sens classique du terme.
Un débat ancien et controversé
Toujours selon El Comercio, de nombreux analystes latino-américains contestent depuis des années l’existence d’un cartel structuré. Les premières accusations remontent à 2004, lorsqu’un journaliste dénonçait l’implication de certains officiers vénézuéliens dans le trafic de drogue. Plusieurs gouvernements ont toutefois soutenu la désignation américaine du Cartel des Soleils comme entité terroriste, une qualification rejetée par Caracas et La Havane.