Politique

Les conseillers-présidents reçoivent plus de 10 millions de gourdes par mois, selon le RNDDH

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a publié, ce vendredi 25 avril, un rapport accablant confirmant le caractère budgétivore du Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon ce document, les neuf conseillers présidentiels coûtent chaque mois plus de 90 millions de gourdes au trésor public.

Intitulé “Mauvaise gouvernance, insécurité, corruption et impunité : Une année et le CPT a envenimé la situation déjà préoccupante du pays”, ce rapport d’une vingtaine de pages est publié à l’occasion du premier anniversaire de l’installation du CPT. Il révèle que chaque conseiller-président perçoit mensuellement une somme globale dépassant 10 millions de gourdes, en incluant divers avantages.

Le RNDDH détaille ainsi les montants accordés à chaque membre du Conseil :

  • Salaire de base : 225 000 gourdes
  • Frais de fonctionnement (1/3 du salaire) : 75 000 gourdes
  • Deuxième résidence : 400 000 gourdes
  • Carte téléphonique : 500 000 gourdes
  • Frais d’intelligence : 4 500 000 gourdes
  • Frais de carburant : 300 000 gourdes
  • Carte de débit : 2 500 000 gourdes
  • Allocation pour la conjointe : 500 000 gourdes
  • Frais pour remplir le réfrigérateur : 75 000 gourdes
  • Frais de nourriture : 925 000 gourdes

À ces avantages s’ajoutent d’autres primes, notamment pour des petits-déjeuners, déjeuners et fêtes patronales, pouvant atteindre jusqu’à 5 millions de gourdes supplémentaires par mois.

Pourtant, l’article 50 de l’accord du 3 avril 2024, qui a institué le Conseil présidentiel, est sans équivoque : « L’Accord politique pour une transition pacifique et ordonnée » prévoit une réduction du train de vie de l’État et l’adoption de mesures pour assainir les finances publiques, lutter contre la corruption et améliorer l’efficacité de l’administration.

Un an après sa mise en place, le CPT, censé sortir le pays de la crise, semble être devenu lui-même une source supplémentaire de dysfonctionnement. Entre scandales de corruption à la Banque nationale de crédit (BNC), décaissements injustifiés et accusations de détournements de fonds, le trésor public porte un fardeau de plus en plus lourd.

Ralph Tedy Erol

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