La sélection haïtienne a largement dominé la République dominicaine (4-1), jeudi 1er octobre, au stade olympique Félix Sánchez, à Saint-Domingue, dans le cadre de la troisième journée de la Ligue des nations de la Concacaf. Au terme de la rencontre, l’attaquant haïtien Wilson Isidor a lancé devant les caméras : « Hispaniola, c’est Haïti ! Ici, c’est Haïti ! » Une déclaration qui a rapidement suscité la polémique en République dominicaine.
Auteur d’un doublé lors de cette rencontre, Wilson Isidor a célébré la victoire haïtienne par une formule qui, dans le contexte d’une rivalité sportive entre les deux sélections, pouvait être perçue comme une provocation. Mais ses propos ont rapidement dépassé le cadre du terrain et provoqué des réactions au sein des autorités dominicaines.
Le président de la Fédération dominicaine de football, José Deschamps, a notamment estimé que les propos du joueur étaient « pas appropriés », compte tenu du contexte entre les deux pays. Il a également évoqué la possibilité de saisir les instances internationales du football.
Dans le même temps, le ministre dominicain des Sports, Kelvin Cruz, a annoncé que la sélection haïtienne ne serait plus autorisée à disputer des rencontres dans les installations sportives publiques de la République dominicaine.
Cette décision intervient également après des incidents survenus aux abords du stade Félix Sánchez avant la rencontre. Selon les autorités dominicaines, des supporters haïtiens auraient tenté de forcer l’entrée alors que les billets étaient épuisés. Des dommages auraient également été constatés sur l’une des portes du stade.
« Ce que nous avons vu hier à l’une des portes d’entrée du stade Félix Sánchez est inacceptable », a déclaré Kelvin Cruz, dénonçant des comportements qu’il considère comme irrespectueux et indisciplinés à l’égard des installations sportives dominicaines.
La position du ministre des Sports a par ailleurs été soutenue par le président dominicain Luis Abinader, qui a indiqué que cette décision correspondait à celle du gouvernement.
Il convient toutefois de distinguer les deux éléments au cœur de la controverse. D’un côté, la déclaration de Wilson Isidor, prononcée dans l’euphorie d’une victoire 4-1, peut être comprise comme une provocation sportive dans le cadre de la rivalité entre les deux sélections. De l’autre, les incidents survenus autour du stade ont été invoqués par les autorités dominicaines pour justifier l’interdiction annoncée.
Ainsi, une phrase lancée au terme d’un match de football s’est transformée en une affaire dépassant largement le cadre sportif. Entre rivalité footballistique, susceptibilités nationales et tensions entre les deux pays, le football se retrouve une nouvelle fois au croisement du sport et des réalités politiques de l’île.

