Qui sont réellement les quatre personnes dont les restes ont été remis à une équipe salvadorienne en Haïti ? Et surtout, pourquoi sont-elles mortes ? Alors que Nayib Bukele exigeait le retour « vivants et indemnes » de ses quatre militaires portés disparus, des restes humains gravement brûlés ont été récupérés puis remis à une équipe salvadorienne, ce samedi 24 octobre, à l’aéroport international de Port-au-Prince.
Au lieu de mettre fin à l’affaire, la remise de ces quatre dépouilles, présentées comme pouvant être celles des soldats salvadoriens disparus, a ouvert une nouvelle série d’interrogations. « Ce ne sont pas nos hommes ! », a déclaré le président salvadorien, contestant leur identification. Selon lui, les restes comprendraient notamment ceux d’un enfant, d’un homme de stature nettement supérieure à celle de ses militaires et d’une personne portant des éléments d’uniforme d’une autre armée. Des pièces d’identité et des uniformes étrangers auraient également été retrouvés.
Dès lors, une question troublante se pose : ces restes ont-ils été remis en pensant qu’ils permettraient de clore les recherches et d’apaiser la pression exercée par Bukele ? S’agit-il d’une erreur d’identification, d’une découverte sans rapport avec la disparition des quatre militaires, ou d’une situation dont les véritables circonstances restent à éclaircir ?
Une autre question est tout aussi fondamentale : les personnes dont les restes ont été remis étaient-elles déjà mortes depuis plusieurs jours ? Dans quelles circonstances ont-elles perdu la vie ? Le fait que les restes soient gravement brûlés ne permet, à lui seul, de déterminer ni la cause ni le moment du décès. Seule une enquête médico-légale pourra apporter des éléments de réponse.
Pendant ce temps, le sort des quatre militaires salvadoriens demeure la question centrale. Disparus après l’attaque de leur véhicule blindé dans le secteur de Santo, à Croix-des-Bouquets, ils étaient au cœur d’une opération de recherche qui a conduit au déploiement de renforts salvadoriens en Haïti.
Si Bukele affirme que les restes remis ne sont pas ceux de ses hommes, alors une interrogation demeure, plus urgente que jamais : où sont les quatre militaires, et que leur est-il arrivé ?
Pour l’heure, aucune preuve publique ne permet d’affirmer que ces dépouilles ont été remises dans le but de calmer le président salvadorien. Mais l’identification contestée, l’état des restes et l’absence de réponses sur les circonstances des décès justifient que toute la lumière soit faite sur cette affaire.



