Des représentants de plusieurs partis et structures politiques ont qualifié de dérive autoritaire l’installation, ce vendredi 5 juin, d’Uder Antoine au poste de directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP). Ils y voient une tentative du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de prendre le contrôle du processus électoral.
Les réactions n’ont pas tardé après l’installation d’Uder Antoine. Dans une note publiée peu après la cérémonie, plus d’une vingtaine de partis et d’organisations politiques, dont le RDNP, EDE, Debout Citoyen, le SDP, INITE, INIFOS et le PAC, ont dénoncé, dans une déclaration commune, la décision du chef du gouvernement de nommer et d’installer un directeur général à la tête de l’administration du CEP.
Selon les signataires, cette démarche vise à exercer un contrôle direct sur le processus électoral. Ils appellent les syndicats, les organisations de la société civile, le secteur privé ainsi que l’ensemble des forces vives de la nation à se mobiliser afin de défendre l’indépendance de l’institution électorale et de préserver l’intégrité du processus.
Par ailleurs, ces acteurs politiques rappellent au gouvernement que sa mission consiste notamment à rétablir un climat sécuritaire favorable au retour à l’ordre constitutionnel à travers l’organisation d’élections générales. Ils soulignent également que l’élaboration du décret électoral relève exclusivement de la compétence du CEP, conformément à l’article 191 de la Constitution.
Face à ce qu’ils qualifient de dérives autoritaires susceptibles de provoquer une crise préélectorale, les partis signataires invitent la communauté internationale à soutenir le CEP dans sa mission d’organiser des élections crédibles, honnêtes et démocratiques.
« Nous disons non à la capture du processus électoral par le Premier ministre. Nous rejetons par avance toute mascarade électorale orchestrée au mépris de la loi. Nous exigeons le rétablissement immédiat de l’indépendance du CEP et la mise en place de conditions réelles pour des élections crédibles, transparentes et souveraines », déclarent-ils.
« Le temps de la soumission est révolu. Le temps de la vigilance et de la résistance citoyenne pour sauver la démocratie haïtienne est arrivé », ajoutent les signataires.
L’installation du directeur général, perçue par plusieurs acteurs politiques comme une tentative de contrôle du gouvernement sur le processus électoral, n’est toutefois pas le seul sujet de discorde entre le CEP et l’Exécutif. L’élaboration et la publication du décret électoral par le Premier ministre, sans consensus au sein de l’institution électorale, constituent également une importante source de tensions.
Pour rappel, Uder Antoine a été installé ce vendredi par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Patrick Pélissier. Huit des neuf conseillers électoraux ont brillé par leur absence lors de la cérémonie, un geste interprété comme le signe d’un profond désaccord entre le CEP et le gouvernement.




