La Clinique du Cancer Saint Pérégrin, l’une des rares structures spécialisées en oncologie dans le sud d’Haïti, a enregistré 757 nouveaux cas de cancer en l’espace d’une année, selon le Dr Joseph Bernard Junior, invité ce jeudi 13 août à l’émission Magik 9. Le cancer du sein arrive en tête, suivi notamment des cancers gynécologiques, digestifs et de la prostate. Près de 90 % des patients sont toutefois diagnostiqués à un stade avancé, en raison notamment du faible accès au dépistage et aux soins spécialisés.

Chez les femmes, le cancer du sein demeure le plus fréquent. Les cancers gynécologiques représentent environ 30 % des cas enregistrés dans le Sud, contre près de 20 % dans l’Ouest. Le cancer du col de l’utérus constitue le principal cancer gynécologique. Chez les hommes, le cancer de la prostate figure parmi les pathologies les plus fréquentes, aux côtés notamment des cancers colorectaux et autres cancers digestifs.

Le diagnostic tardif constitue l’une des principales préoccupations du spécialiste. Près de 90 % des patients sont pris en charge aux stades 3 ou 4 de la maladie, avec des cancers parfois localement avancés ou déjà métastatiques. Cette situation réduit les possibilités thérapeutiques et peut considérablement aggraver le pronostic.

Selon le Dr Bernard, l’insuffisance des programmes de dépistage et de sensibilisation contribue largement à ces retards de diagnostic. Lorsque les traitements standards ne sont plus envisageables, les médecins doivent parfois privilégier les soins palliatifs afin de soulager les symptômes et d’améliorer la qualité de vie des patients.

Les 757 cas recensés dans le Sud ne représentent toutefois qu’une partie de la réalité du cancer en Haïti. Des estimations internationales font état d’environ 14 000 nouveaux cas par an dans le pays. Le nombre limité de structures spécialisées complique davantage l’accès au diagnostic et aux traitements. La Clinique du Cancer Saint Pérégrin accueille d’ailleurs des patients provenant de plusieurs départements.

Face à cette situation, le spécialiste insiste sur l’importance de la prévention et du dépistage précoce. Il recommande notamment de renforcer les programmes de dépistage du cancer du sein ainsi que la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), qui contribue à prévenir le cancer du col de l’utérus.

Le Dr Bernard souligne également que la détection précoce permet de réduire les coûts de prise en charge et d’améliorer les chances de guérison ou de contrôle de la maladie. Il appelle la population à mieux connaître les signes d’alerte du cancer et à consulter rapidement en cas de symptômes suspects.

Pour le spécialiste, une réponse nationale efficace doit reposer sur trois priorités : la prévention, le dépistage précoce et l’accès aux soins spécialisés.

 

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