Alors que le processus électoral se poursuit en vue des prochains scrutins, les organisations de personnes handicapées (OPH) montent au créneau. Elles exhortent le Conseil électoral provisoire (CEP) et les autorités concernées à dépasser les simples engagements juridiques afin d’offrir des garanties concrètes d’accessibilité, d’égalité et de dignité à l’ensemble des électeurs.
Les Organisations de Personnes Handicapées (OPH) unissent leurs voix pour que les principes d’inclusion deviennent une réalité sur le terrain. Représentant environ 15 % de la population haïtienne, les personnes handicapées constituent un électorat important qui entend exercer son droit de vote dans des conditions d’égalité, d’autonomie et de confidentialité.
La mobilisation des OPH ne date pas d’hier. Dès le lancement du processus électoral, en novembre 2025, le Réseau des Associations des Femmes Handicapées Haïtiennes (RAFHAH) et ses partenaires ont soumis au Conseil électoral provisoire (CEP) une série de recommandations visant à rendre le processus électoral davantage inclusif.
Pour que le droit de vote ne demeure pas un principe théorique, les organisations réclament la mise en place de plusieurs mesures pratiques à toutes les étapes du processus électoral :
- Accessibilité physique : aménagement des bureaux de vote et des infrastructures afin de faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite ;
- Communication adaptée : diffusion des informations électorales en braille et sur des supports accessibles aux personnes non voyantes, ainsi que le recours à la langue des signes pour les personnes sourdes ;
- Sensibilisation et formation du personnel : formation spécifique des agents électoraux afin de garantir un accueil adéquat et une prise en compte des besoins des personnes handicapées ;
- Collecte de données ciblées : intégration d’indicateurs relatifs au handicap dans les outils statistiques électoraux afin de mesurer la participation des personnes handicapées et d’identifier les obstacles persistants.
Du cadre juridique à la réalité du terrain
Bien que le décret électoral publié en 2026 reconnaisse formellement les droits des électeurs handicapés, le RAFHAH rappelle que l’existence d’un cadre légal ne suffit pas. L’enjeu réside désormais dans la mise en œuvre effective de mécanismes opérationnels et accessibles dans l’ensemble des départements du pays.
Les organisations attirent également l’attention sur la situation particulièrement vulnérable des femmes handicapées, confrontées à une double discrimination fondée sur le genre et le handicap. Elles appellent ainsi à la mise en place de mécanismes de protection et d’inclusion spécifiquement adaptés à leurs réalités.
Le RAFHAH et ses partenaires exhortent le CEP à maintenir une collaboration étroite et continue avec les organisations représentatives des personnes handicapées. Ils sollicitent également l’implication active du Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH), afin de renforcer le dialogue entre la société civile et les institutions publiques.
La crédibilité et la réussite des prochains scrutins dépendront notamment de la capacité des autorités à garantir un processus électoral véritablement inclusif, accessible et non discriminatoire, dans lequel aucun citoyen ne soit laissé de côté.



