La découverte d’une collection d’armes anciennes sur le site d’un ancien fort situé dans l’enceinte de l’Église Baptiste Conservatrice de Grande-Rivière-du-Nord suscite un vif intérêt au sein des milieux scientifiques, patrimoniaux et de la société civile. Face à l’importance potentielle de cette trouvaille, le directeur général du Bureau national d’Ethnologie (BNE), Erol Josué, a conduit une mission d’urgence dans le Nord du pays, accompagné d’une équipe de spécialistes, dont l’archéologue Dr Joseph Sony Jean. Leur mission consistait à documenter les artefacts et à effectuer les premières évaluations scientifiques afin d’en déterminer la valeur historique.
Selon les premières informations rapportées par plusieurs médias haïtiens, les armes mises au jour présentent un intérêt archéologique majeur. Les spécialistes privilégient toutefois une démarche rigoureuse et évitent, à ce stade, toute conclusion prématurée quant à leur origine. Les recherches devront notamment permettre de déterminer leur période de fabrication, leur provenance ainsi que leur éventuel lien avec les différentes étapes de l’histoire de la région, marquée par la colonisation française, la Révolution haïtienne et les premières années de l’indépendance.
Au-delà des analyses scientifiques, la mission du BNE a également permis d’engager des discussions avec les autorités locales en vue de mettre en place des mesures de protection du site. Les experts rappellent que la préservation des objets dans leur contexte d’origine est essentielle pour conserver les indices archéologiques qu’ils renferment. Toute manipulation ou extraction non encadrée risquerait d’altérer des informations précieuses permettant de reconstituer les événements du passé.
Cette découverte met une nouvelle fois en lumière le potentiel encore largement inexploité du patrimoine archéologique haïtien. De nombreux historiens estiment que d’importants vestiges demeurent enfouis à travers le pays, notamment dans les anciens forts, les habitations coloniales et les champs de bataille. Faute de ressources suffisantes consacrées à la recherche, à la protection et à la conservation, une partie de ce patrimoine demeure exposée aux dégradations, aux pillages et à l’oubli. Dans ce contexte, l’intervention rapide du Bureau national d’Ethnologie est perçue comme une étape importante pour préserver ce témoignage matériel de l’histoire nationale.
Les investigations se poursuivront au cours des prochaines semaines afin d’établir avec précision l’origine, la datation et l’importance de cette collection d’armes anciennes. Si les analyses confirment sa valeur historique, cette découverte pourrait enrichir les connaissances sur le passé militaire et culturel d’Haïti, tout en renforçant les efforts de sauvegarde du patrimoine national. Elle souligne également la nécessité d’investir davantage dans la recherche archéologique afin que d’autres trésors historiques puissent être découverts, étudiés et transmis aux générations futures.




