Face au fléau des violences basées sur le genre, le gouvernement haïtien franchit un cap historique. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et la ministre à la Condition féminine, Pédrica Saint-Jean, ont inauguré ce vendredi 22 mai à Vivy Mitchell la première « Maison des femmes et des filles survivantes ». Porté par l’État et soutenu par ONU Femmes ainsi que le corps diplomatique, ce projet prévoit le déploiement de quatre centres d’hébergement sécurisés et modernes à travers le pays, notamment dans l’Ouest, la Grand’Anse, le Centre et l’Artibonite. L’objectif : offrir enfin aux victimes un espace de protection, de dignité et d’accompagnement psychosocial confidentiel pour se reconstruire.
Derrière les murs de cette nouvelle structure située dans le département de l’Ouest, l’émotion était palpable ce vendredi. Pour de nombreuses femmes et filles haïtiennes, ce lieu représente bien plus qu’un simple bâtiment : il incarne une promesse de sécurité et un refuge destiné à panser des blessures trop longtemps enfouies dans l’ombre et le silence.
Conçue pour garantir des conditions de vie dignes et humaines, cette première Maison dispose d’installations modernes : huit dortoirs, une infirmerie, une cafétéria, des espaces d’accueil et des zones de détente. Ce projet pilote sera rapidement étendu à trois autres départements stratégiques, la Grand’Anse, le Centre et l’Artibonite, afin de mettre en place un véritable réseau national de solidarité et de protection.
« Face à la violence, nous choisissons la lumière. Ces maisons seront des espaces de reconstruction, de renaissance et de dignité », a déclaré le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Soucieux de démontrer que cette initiative dépasse le stade des promesses, le chef du gouvernement a également annoncé que le financement de ces structures serait pérennisé et inscrit dans le prochain budget rectificatif de l’État.
Une annonce saluée par Marie Gorreti Nduway, représentante d’ONU Femmes en Haïti, qui y voit « une avancée majeure » dans la défense des droits humains et la protection des survivantes de violences.
Pour la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pédrica Saint-Jean, ce projet touche au cœur même de la justice sociale. Ces espaces ne se limiteront pas à l’hébergement ; ils offriront également une prise en charge psychosociale adaptée afin d’aider chaque survivante à reprendre le contrôle de sa vie. Cette initiative s’accompagnera, selon les autorités, d’un renforcement de l’arsenal juridique ainsi que d’une intensification de la lutte contre l’insécurité menée par la Police Nationale d’Haïti et les Forces Armées d’Haïti.
À travers cette action, l’État haïtien affirme vouloir envoyer un message clair : aucune femme victime de violence ne doit être abandonnée à son sort. Chaque survivante mérite un chemin vers la réparation, la justice et l’espoir.




