Un article publié jeudi 23 février dans les colonnes du journal américain Miami Herald informe qu’au moins 20 policiers haïtiens ont déjà quitté le pays dans le cadre du programme Humanitarian Parole. Cet aveu d’un chef du département de l’immigration Jean Osselin Lambert, au journal Miami Herald, indique que selon les données fournies par la direction de l’immigration et de l’émigration (DIE), un tiers de la PNH a déjà produit une demande de passeport depuis l’annonce du programme. 

Un enfant se protège de la police qui ferme la porte d’un bureau d’immigration alors qu’une foule de personnes se positionne dans l’espace pour demander des passeports à Port-au-Prince, en Haïti, le 17 février 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy Erol

Cette déclaration du chef du département de l’immigration survenue quelques jours plus tôt laissait comprendre que la Police Nationale d’Haïti, prisée à environ 9000 membres actifs, serait sur le point de perdre un tiers de son effectif avec le programme.
Une information corroborée par le Premier Ministre Ariel Henry dans son intervention lors de sa participation à la 44e réunion de la CARICOM pour ce mois de février.

Un homme s’adreese à un policier alors que la foule fait la queue devant un bureau d’immigration pour demander des passeports à Port-au-Prince, en Haïti, le 17 février 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy Erol

Le chef du gouvernement avait en effet déclaré que peu après l’annonce du programme Humanitaire de l’administration Biden, 600 policiers haïtiens avaient déjà fait l’acquisition d’un passeport pour quitter le pays.

Les demandes élevés de passeport au sein de la PNH avaient conduit les responsables à ouvrir un bureau spécialement réservé pour les policiers et leurs proches, dans la commune de Delmas, au commissariat de Delmas 33.

Un manifestant brandit une pancarte indiquant : « Trop de sang policier est versé. Nous n’en pouvons plus » lors d’une manifestation contre les récents meurtres de policiers par des bandes armées, à Port-au-Prince, en Haïti, le 26 janvier 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy Erol

En outre, parmi les milliers d’Haïtiens ayant déjà foulé le sol américain dans le cadre du programme communément appelé « programme Biden », le responsable du Département d’État a déclaré que plus de 20 étaient des membres de la Police nationale d’Haïti.

Pour Jean Osselin Lambert, cette situation est tout simplement désastreuse pour le pays qui se trouve sous le poids grandissant de l’insécurité.

Des policiers rendent un dernier hommage aux trois agents tués par des gangs armés lors de la cérémonie funéraire à l’Académie nationale de police, à Port-au-Prince, en Haïti, le 31 janvier 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy EROL

Aussi faut-il souligner que l’institution policière est de plus en plus défaillante pour ce début d’année qui a déjà enregistré plus d’une dizaine de mort dans le rang de la police, ce qui a poussé plusieurs agents notamment dans la zone de Liancourt, dans le Bas-Artibonite et plus récemment à l’Estère, à abandonner leur poste.

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