L’ancien Premier ministre Jean Michel Lapin dénonce les discussions engagées entre le gouvernement, le Conseil électoral provisoire (CEP) et certains partis politiques autour du décret électoral du 2 juin 2026. Il estime que ce processus manque de transparence et d’inclusivité, mettant en garde contre le risque d’une crise postélectorale si les consultations ne sont pas élargies à l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.

Le débat autour du décret électoral continue de susciter de vives réactions sur la scène politique haïtienne. Invité sur les ondes de Magik 9, le mardi 7 juillet, l’ancien Premier ministre Jean Michel Lapin, leader du mouvement Nouvelle Orientation, a vivement critiqué les discussions menées entre le gouvernement, le Conseil électoral provisoire (CEP) et certains partis politiques.

Selon Jean Michel Lapin, le CEP risque de compromettre sa crédibilité en privilégiant un dialogue avec l’Exécutif plutôt qu’une concertation avec l’ensemble des partis politiques et des organisations de la société civile. À ses yeux, seule une démarche véritablement inclusive peut garantir la légitimité du processus électoral.

L’ancien chef du gouvernement qualifie également de « provocation » la démarche entreprise par les autorités. Il soupçonne l’Exécutif de chercher à influencer l’organisation des prochaines élections, évoquant la présence de potentiels candidats issus de l’entourage politique du Premier ministre. Dans ce contexte, il craint que le scrutin ne débouche sur une nouvelle crise postélectorale.

Jean Michel Lapin affirme par ailleurs que la priorité du gouvernement devrait être le rétablissement de la sécurité, qu’il considère comme une condition indispensable à la tenue d’élections crédibles. Les organisations signataires de la déclaration commune demandent ainsi à l’Exécutif de mettre fin à ce qu’elles qualifient d’initiatives unilatérales.

Ces critiques interviennent après la publication, le 29 juin, d’un communiqué du ministère de la Communication annonçant plusieurs séances de travail entre le gouvernement, le CEP et des représentants de partis politiques en vue de revoir certaines dispositions du décret électoral du 2 juin 2026. Selon les autorités, ces échanges visent à renforcer la cohérence du texte et à favoriser l’organisation d’élections libres, transparentes, inclusives et apaisées.

Toutefois, plusieurs partis et organisations politiques contestent cette version des faits. Dans une déclaration commune, ils affirment n’avoir jamais été conviés à ces consultations et dénoncent un processus mené avec un nombre limité de formations politiques qu’ils considèrent proches du pouvoir. Ils estiment que cette démarche ne saurait être présentée comme une véritable concertation nationale et appellent à l’ouverture d’un dialogue réellement inclusif avant toute nouvelle étape du processus électoral.

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