
Des dizaines de membres de la diaspora haïtienne ont manifesté, ce jeudi 31 juillet, devant un tribunal de Miami pour s’opposer à la déportation de l’homme d’affaires Pierre Réginald Boulos vers Haïti. À l’appel du vétéran haïtiano-américain Rod Joseph, les protestataires alertent sur les risques que représenterait son retour dans un pays en proie à l’instabilité, et réclament que les autorités américaines le maintiennent en détention.
« Il n’y a même pas de prison capable de l’accueillir en Haïti », a dénoncé l’un des manifestants. Pour plusieurs d’entre eux, renvoyer Boulos dans ce contexte reviendrait à alimenter un système qu’ils l’accusent d’avoir contribué à gangrener.
La foule s’est mobilisée après que Rod Joseph, figure bien connue de la communauté haïtienne en Floride, a dénoncé la tenue d’un procès à huis clos dans cette affaire. Selon lui, même les proches de Boulos ont été écartés de l’audience, initialement prévue à 8h puis repoussée à 9h, dans ce qui semble être une tentative de discrétion.
« Le peuple haïtien a le droit de savoir. Ce procès ne doit pas se dérouler dans le silence », a plaidé Joseph. Il s’est également insurgé contre l’interdiction faite à l’avocat de Boulos de s’exprimer publiquement.
Pour les manifestants, Pierre Réginald Boulos est l’un des symboles d’une élite économique accusée de complicité dans la crise sécuritaire qui ravage Haïti. « Ce sont eux qui financent les gangs et contrôlent la justice », lance une manifestante.
Une autre protestataire, émigrée depuis des années, confie son désespoir : « Je rêve de rentrer chez moi, mais je ne peux pas à cause de la violence. Et maintenant, on veut renvoyer un homme qui a contribué à ce chaos ? »
Très ému, Rod Joseph a conclu la mobilisation en appelant les autorités américaines à prendre leurs responsabilités : « Ne déportez pas Réginald Boulos. Il doit répondre de ses actes, mais dans un système judiciaire digne de ce nom. Haïti, aujourd’hui, ne peut pas le garantir. »