À l’occasion du 223e anniversaire du bicolore haïtien et de la fête de l’Université, le Palais national a accueilli, ce lundi 18 mai, une célébration solennelle marquée par des appels vibrants à la sécurité, à la souveraineté intellectuelle et à l’unité nationale. Devant un parterre de dignitaires et le corps diplomatique, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé la ligne dure de l’État contre les gangs armés, tandis que le monde académique a plaidé pour un pacte national autour de l’économie du savoir.

Faute de pouvoir se tenir à l’Arcahaie, cité historique du drapeau, la cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte du Palais national, servant de cadre à cette commémoration hautement symbolique. L’ambiance, à la fois grave et porteuse d’espoir, a été rythmée par des défilés de jeunes écoliers et des parades militaires impeccables. Ministres, directeurs généraux et membres du corps diplomatique ont assisté à cette triple célébration de l’identité, de la science et de l’histoire.

Dans son allocution, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a d’abord rendu un vibrant hommage aux pères et mères fondateurs de la nation, rappelant que le bicolore est « l’esprit d’un peuple gravé dans le tissu ».

Passant de l’histoire aux urgences du moment, le chef du gouvernement a dressé un bilan des actions de son équipe : soutien aux familles vulnérables, rehaussement du salaire minimum et efforts de reconquête du territoire en vue des prochaines élections. Il a martelé un message de fermeté : « Sans sécurité, il n’y a pas d’élections crédibles. L’État ne négociera pas avec les gangs. C’est la politique de tolérance zéro. »

Le recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Dieuseul Prédélus, a pour sa part mis en avant le concept de « patriotisme intellectuel ». Saluant la résilience des enseignants qui travaillent dans des conditions précaires, il a appelé à la création d’un pacte national pour l’économie du savoir. Ce projet repose sur quatre piliers : un budget accru pour l’enseignement supérieur, un fonds national pour la recherche, la valorisation des diplômes dans la fonction publique et une synergie renforcée avec le secteur économique.

Dans la même lignée, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Augustin Antoine, a rappelé l’héritage de Dantès Bellegarde, qui avait lié institutionnellement le drapeau et l’université en 1920. Le ministre a exposé les grandes réformes en cours, notamment la transformation numérique de l’éducation (axée sur l’accès et les compétences), l’intégration obligatoire de l’éducation civique et financière, ainsi qu’une prise en charge psychosociale des élèves et des enseignants affectés par la crise.

Par cette célébration, l’exécutif et le secteur éducatif s’accordent sur un point : l’avenir d’Haïti ne se construira pas dans la nostalgie, mais dans l’alliance de la sécurité, de l’intelligence collective et de la science.

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