Le 1er mai 2026 a été marqué en Haïti par une cérémonie officielle au Palais national, autour du thème « Pwodiksyon nasyonal se poto mitan nan batay pou sekirite a », en présence du Premier ministre et des plus hautes autorités de l’État. Pendant que le gouvernement mettait en avant les travailleurs et l’agriculture comme piliers de la nation, des manifestations ont éclaté dans les rues de Delmas, où des ouvriers ont réclamé une augmentation du salaire minimum et dénoncé leurs conditions de travail difficiles.
La cérémonie officielle s’est tenue ce vendredi 1er mai au Palais national, réunissant plusieurs membres du gouvernement, des responsables d’institutions publiques et des représentants du secteur agricole. Le Premier ministre a insisté sur l’importance de la production nationale, de la sécurité alimentaire et de la stabilité du pays, tout en réaffirmant l’engagement de l’État à accompagner les travailleurs et à poursuivre le processus électoral dans un contexte national complexe.
Dans son intervention, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, a salué la résilience des travailleurs face à la précarité, tandis que le ministre de l’Agriculture, Marcelin Aubourg, a présenté l’agriculture comme un levier central du développement national.
Mais en parallèle de ces discours officiels, la réalité dans les rues de la capitale était tout autre. À Delmas et dans plusieurs zones de la région métropolitaine, des travailleurs ont manifesté pour exiger une augmentation du salaire minimum à 25 000 gourdes, dénonçant des conditions de travail jugées insoutenables. Certains groupes ont également exprimé leur inquiétude face à la fermeture de l’aéroport international Toussaint Louverture et à la détérioration de la situation économique.
Un tract syndical attribué à l’organisation Batay Ouvriye a rappelé la signification historique du 1er mai, en référence aux luttes ouvrières de 1886, tout en appelant à une mobilisation continue pour de meilleures conditions de vie, une revalorisation salariale et une transformation du système socio-économique haïtien.
Cette journée du 1er mai met ainsi en évidence un contraste marqué entre le discours institutionnel et les revendications sociales, révélant les tensions persistantes entre les autorités et une partie importante du monde du travail en Haïti.


