Une situation de tension a régné en milieu de journée de ce lundi 10 avril devant les Centres de Réception et de Livraison de Document d’Identité (CRLDI) du parc Sainte-Thérèse de Pétion-Ville et celui de la rue Lamarre au centre-ville de Port-au-Prince.

Des pneus enflammés ont été érigés devant ces institutions par des dizaines de contribuables qui se disent être dans l’impossibilité de prendre un rendez-vous à travers la plateforme DELIDOC, lancée par le gouvernement le 31 mars 2023. 

Un enfant se protège de la police qui ferme la porte d’un bureau d’immigration alors qu’une foule de personnes se positionne dans l’espace pour demander des passeports à Port-au-Prince, en Haïti, le 17 février 2023. REUTERS/Ralph Tedy Erol

En effet, dans une note du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales publiée le 8 avril dernier, pour produire une demande de passeport, les citoyens doivent  se munir obligatoirement d’une feuille de rendez-vous téléchargée directement sur la plateforme DELIDOC à partir de ce lundi 10 avril.

Ce document s’obtient  après avoir rempli un formulaire de demande en ligne, toujours selon la note du MICT.

Cette mesure a soulevé la colère des protestataires qui ont perturbé le fonctionnement de ces bureaux empêchant ainsi aux personnes ayant pris rendez-vous en ligne de poursuivre le processus.

« Nous n’avons pas accès à un téléphone intelligent et à l’internet, donc il n’y a pas moyen de se procurer de la feuille de rendez-vous via la plateforme », se plaint l’un des protestataires rencontré au bureau situé au Parc Sainte-Thérèse de Pétion-Ville. 

Un homme montre ses documents apportés à un centre de demande de passeport devant un bureau d’immigration à Port-au-Prince, Haïti le 17 février 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy Erol

Pour sa part, ce jeune homme qui a sa feuille de rendez- vous en main, dénonce l’irresponsabilité des autorités à faire appliquer leurs propres mesures. Il souhaite l’application de ces nouvelles mesures pour freiner la corruption qui existe dans ce secteur.

« Cet incident se produit parce que nous avons un problème de leadership dans ce pays. Moi j’ai pris le rendez-vous et me suis mis en retrait quand j’ai vu la détérioration de la situation », a-t-il martelé.

 Il y a trop de corrupteurs dans ce pays et le programme « Humanitarian Parole », leur a permis d’empocher un tas de fric sur le dos des citoyens, réclamant au moins cinquante milles gourdes à un particulier pour l’obtention du passeport. J’ose espérer que l’initiative d’enregistrement en ligne prise par le gouvernement tienne et facilite l’accès au service, bien que je n’y crois pas trop », a-t-il déclaré. 

Un homme s’adreese à un policier alors que la foule fait la queue devant un bureau d’immigration pour demander des passeports à Port-au-Prince, en Haïti, le 17 février 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy Erol

Soulignons que les bureaux de la Rue Lamarre, du Gymnasium Vincent à la Rue Romain et celui du bureau central de la DGI à Port-au-Prince; le bureau du Parc Sainte -Thérèse à Pétion – ville, celui de la SONAPI sur la Route de l’aéroport et celui  de Tabarre sont concernés par cette nouvelle disposition.

La plateforme DELIDOC qui a présenté des failles techniques peu après son lancement, est désormais opérationnelle. Cependant des citoyens avisés restent perplexes quant à la diminution des files d’attentes dans les bureaux et la réduction de la lenteur du service, les résultats escomptés par les autorités.

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